Le Général : ils ont l’air tout petits au bout de leurs câbles.
Même le héros. il a vraiment l’air tout petit vu d’ici.

Le pilote : il aura l’air encore plus petit
une fois dans sa boîte.

Les cent moustachus : le héros est une figure totalitaire qui pénètre dans l’intimité de tous.
Il pénètre dans notre intimité et nous ne le savons pas.

Le héros : j’ai été formé à la dure dure école des héros.

La foule : il est rapide à se faire plaindre.
Pourtant c’est nous qui devrons plier notre imagination à sa fable

Le héros : la mère du héros est une vierge royale
Le pisteur : oui mais il ne choisit pas son épouse, c’est la fille de son prédécesseur
Le héros : son père est un roi et il devient roi
Le pisteur : oui mais il ne règne qu’un temps sans encombre
Le héros : les circonstances de sa conception sont surnaturelles et il est également dit fils d’un dieu
Le pisteur : oui mais il perdra la faveur des dieux et/ou de ses sujets

Le grand flou : La prochaine rencontre va me détruire, mais mon nom même a été spécialement choisi pour ne pas marquer la mémoire de celui à qui l’on raconte
Qu’il ne retienne que l’articulation dans le propos que crée ma destruction.
Qu’il m’oublie, qu’il ne se souvienne que du héros et de sa fable.

Le héros : on me dit que tout est décor pour moi et ma fable
Pourtant je crois que les rois sont faits et défaits par un puissant complot de décorateurs
qui veut s’assurer de sans fin fabriquer les broderies, papiers peints et plantes artificielles
devant quoi nos aventures idiotes se déroulent.
le monde est leur bandelette de momie, ils empaillent le monde

Le héros : à la naissance du héros son père, ou sa grand-mère maternelle, échoue à le tuer
Le traître : oui mais il mourra quand même
Le héros : il vainc un roi, un géant, un dragon ou une bête sauvage,
Le traître : oui mais ses enfants, s’il en a, ne lui succèderont pas
Le héros : son corps n’est pas enterré, mais il a au moins une sépulture sacrée
Le traître : son corps n’est pas enterré.

Le traître : Un dragon arrive, les villageois ont peur.
Le héros n’a pas peur, il fait ce qu’il a à faire : il tue le dragon
Le dragon n’a pas peur, il fait ce qu’il a à faire : il est tué par le héros
Le narrateur n’a pas peur, il fait ce qu’il a à faire : il raconte l’histoire aux villageois.
Les villageois écoutent le narrateur et ils ont peur : rien à faire.

Le héros : précipité dans un cul de sac de l’existence où il me faut encore plier des branchages, me couvrir de boue, me tuer à la tâche.
Ne manque à mon châtiment que le choeur de cent moustachus pleureurs me désignant du doigt
« et moi il m’a tué comme-ci, et moi comme ça, et moi à bout portant, et moi dans la fesse droite, etc »

Le héros : comme ils me manquent, mes petits soldats ! Comme ça bardait !
C’était la belle époque
Maintenant ils sont tous à caresser des daims dans la forêt, avec leurs enfants, à couper des bûches
ou dieu sait quoi, ou ils sont morts
tandis que je reste seul à barboter, et le plaisir n’est plus le même désormais

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